DRAGONLAND est un groupe attachant. Très attachant, même. Par sa fraîcheur, la grande qualité de ses différentes productions (« Astronomy » est son quatrième album) et par son amour des épopées grandiloquentes. Comment voir autrement, en effet, un groupe qui se permet de clore son album par trois titres instrumentaux composés et enregistrés sur le modèle d’une BO de film ?
La plupart des formations tentant cette expérience ô combien risquée se seraient cassées les dents. Pas DRAGONLAND, tant ces morceaux s’incorporent merveilleusement bien à l’album. Pas DRAGONLAND qui, avant ces trois titres, nous a déjà abreuvés de neuf compositions de heavy symphonique du meilleur niveau.
Sur une cadence raisonnable (un album tous les deux ans), les suèdois de DRAGONLAND donnent chaque fois le sentiment de peaufiner avec amour leurs opus. « Astronomy » est du même acabit que « Starfall », qui lui-même était meilleur que « Holy War »… lui-même déjà excellent !
Si vous aimez le heavy plutôt technique gorgé d’orchestrations, avec un chant lyrique, des mélodies épiques et une rythmique qui sait alterner vitesse et reprise de souffle, « Astronomy » est fait pour vous, que dis-je, DRAGONLAND est fait pour vous.
Vous souhaitez un exemple ? Essayez donc l’hymne « Beethoven’s Nightmare » pour vous faire une idée ; guitare néo-classique, refrain majestueux, mélodies imparables, ce titre est une petite merveille. A ces côtés, « Supernova » et ses lignes de chant inhabituelles - tout en cassures, « Contact » ou encore « Antimatter » ne font pas pâle figure, bien au contraire. Et les trois instrumentaux dévolus aux claviers qui terminent l’album ont beaucoup de charme car l’histoire que content ces orchestrations synthétiques tient en haleine. L’exercice s’avérait pourtant périlleux...
Comparé aux albums passés, « Astronomy » lorgne davantage vers le progressif. Certains passages plus techniques que les autres, l’une ou l’autre ligne vocale ou encore cette rythmique aventureuse le démontrent. Quoique le style des suèdois soit reconnaissable aisément, DRAGONLAND n’a encore jamais sorti deux fois le même album. Mieux, à chaque découverte d’un album de DRAGONLAND, on guette avec intérêt les petites nouveautés que le groupe a su incorporer. Et l’on n’est jamais déçu, ni en quantité, ni en qualité.
Un petit défaut, il en faut bien un, DRAGONLAND n’a pas encore la production qu’il mérite. Correcte, mais parfois insuffisante au regard de l’ambition des compositions. Un point qui gagnerait à être amélioré, car le potentiel des suèdois est tel qu’il a les capacités à toucher un public beaucoup plus large. Et de nos jours, cela passe par une production davantage compétitive.
DRAGONLAND continue son petit bonhomme de chemin et renforce son sans-faute. J’en attendais pas moins de la part d’un groupe qui a déjà maintes fois prouvé son immense talent. Et la suite sera au moins aussi bonne, j’en suis sûr. Du heavy symphonique et personnel de premier choix !